Touche pas à mon pré carré !

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Lors du conseil municipal qui s'est tenu le 29 novembre, André Mandement, maire de Muret, a présenté aux votes une motion engageant notre commune contre le projet de fusion d'une partie du Département de la Haute-Garonne et de la Métropole de Toulouse. Pourtant, il y a urgence à alléger le millefeuille territorial (voir article du 08.12.2018).

La nécessite de supprimer un échelon est unanimement reconnue, y compris par les élus .... à condition que cette suppression n'impacte pas leur mandat ou les moyens financiers laissés à leur collectivitéPartant de là, le projet de fusion des Départements et des Métropoles mené par le chef de l'État ne fait pas que des heureux.
En pays toulousain, Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, se dit prêt à œuvrer pour cette "simplification administrative". Mais Georges Méric, président du Conseil départemental de Haute-Garonne, ne voit pas d'un bon œil l'amputation d'une partie du département, et donc de ses élus, de ses ressources et de ses prérogatives. 

La guerre des barons est déclarée.
Jean-Luc Moudenc multiplie les contacts avec le gouvernement et tente de fédérer autour de lui les élus de la Métropole, le tout avec une apparente sérénité qui agace ses détracteurs. De son côté, Georges Méric soutient que le département est le garant irremplaçable de l'équilibre des territoires, et que la métropolisation signera la mort des zones périurbaines et rurales. Pour diffuser ce message qui conjugue séduction et terreur, le Département s'est lancé à grands frais dans une vaste campagne de communication : réunion à 56.000€ la soirée, publications et publicités au coût indéterminé et un sondage à 2.777€ la question réalisé par une entreprise de consulting (et non un institut de sondage déclaré) pour "prouver" que 64% des haut-garonnais (en réalité 64% des 985 personnes interrogées) sont opposés à la suppression du Conseil départemental sur l'aire de la Métropole (voir article de F. Valéry et L. Dubois publié sur France3 Occitanie). Au final, le Département engage des sommes colossales pour convaincre de son utilité, ce qui prouve bien qu'elle n'est pas si évidente que ça et ne démontre pas que la Métropole ne serait pas capable d'en faire autant (si ce n'est mieux). Les contribuables apprécieront d'avoir à financer la thérapie de groupe idéologique imposée par le Département.

Le Président et les 54 élus du Conseil départemental (cumulant pour la plupart leur fonction avec un autre mandat local, comme c'est le cas pour Mme Élisabeth Séré, conseillère départementale et adjointe au maire de Muret), ont bien évidement mis à contribution leur réseau politique et territorial. Les élus locaux et quelques responsables d'associations ciblés ont été conviés au Conseil Départemental pour écouter la grand-messe, puis fermement invités à répandre la bonne parole dans l'oreille de chaque haut-garonnais.

Sans surprise, André Mandement, maire de Muret et président de l'agglomération du muretain, suit scrupuleusement le mot d’ordre du départementEn faisant voter par la Communauté d'agglo puis le Conseil municipal la motion engageant notre commune à soutenir le Département dans sa guerre contre la Métropole, il trouve ici l'occasion de satisfaire les ordres de Georges Méric et ses impulsions va-t-en-guerre contre Jean-Luc Moudenc.

Comme tous les opposants à la fusion, il redoute la suppression d'une partie des fonds publics qui alimentent aujourd'hui le fonctionnement très coûteux du département, que ce soit par les impôts locaux ou les dotations de l'État. Il défend l'intérêt des élus et leur pré-carré là où je défends une meilleur répartition des compétences, une rationalisation des coûts et l’efficience des services publics. Les collectivités locales ne peuvent pas continuer à vivre au prix d'une pression fiscale qui n'est plus supportable.

A défaut de pouvoir exposer un bilan positif du Département, André Mandement adopte la stratégie de la diabolisation de la Métropole. Selon lui, les difficultés économiques de Muret ne sont pas le résultat de son incapacité à mettre en place les bons partenariats, mais seraient l'oeuvre de la Métropole qui monopoliserait les dynamiques économiques et réduirait Muret à une cité dortoir. A l'occasion, il se dispense bien d'expliquer pourquoi le Département n'a pas alors joué le rôle de "garant de l'équilibre des territoire" qu'il lui reconnait.

En réalité, contrairement à ce que soutient André Mandement, la Métropole n'est pas constituée que de grandes entreprises, de quartiers prospères et de richesses diverses. Elle compte aussi en son sein des zones défavorisées, des cités, de très nombreux foyers qui ne vivent que de prestations sociales et qui sont aujourd'hui à la charge des services sociaux des communes et du département.
Il me parait très sein de confier à la même personne, à savoir la Métropole, la responsabilité de la gestion du tissu économique et des réalités sociales afin que ces deux mondes soient mis en connexionCette connexion sera un atout pour toutes les personnes qui en ont assez de vivre des prestations sociales, et veulent que l'ascenseur social fonctionne à nouveau. 

Muret, placée en périphérie urbaine, à tout à gagner à voir son voisin immédiat rayonner. Elle n'en tirera que des avantages (services, emplois, formations,...) à condition bien entendu que son maire cesse de tourner le dos à la Métropole, et entre dans une vrai stratégie de dialogue constructif, synonyme d'espoir d'un monde meilleur pour nos administrés.

A l’heure où des milliers de personnes sont dans la rue pour réclamer un allègement du poids des taxes, il est capital de réduire les dépenses publiques. Et personnellement, je préfère voir des élus se reconvertir que voir des français se serrer encore plus la ceinture.
Les élus communautaires et municipaux avaient un devoir moral de rejeter la motion qui était présentée aux votes, le devoir de se placer du côté des citoyens et de ne pas céder aux pressions politiques. Mais une fois de plus, le rendez-vous a été manqué et à Muret nous n'avons finalement été que deux à nous opposer à cette motion (écouter des extraits des débats du 29.11.2018).


MC

Commentaires

  1. La droite muretaine réduite à 2 conseillers. Où sont les 6 autres ? Ils paraderont au moment des prochaines élections. Quelle déception d'avoir voté pour des gens qui n'ont rien à foutre de leurs électeurs. Tous des guignols

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