La onzième heure du onzième jour du onzième mois

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L’Armistice du 11 novembre 1918 a pris effet à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de la quatrième année de la Première Guerre Mondiale. Il a été signé quelques heures plus tôt par les représentants alliés et allemands dans le wagon d’état-major aménagé du général Foch, dans la clairière de Rethondes en forêt de Compiègne. 
Il a mis fin à quatre années de guerre marquées par des pertes humaines sans précédent. Avec 124 morts pour à peine un peu plus de 3000 habitants, Muret a payé un lourd tribut.

Ce 11 novembre 2018, journée d'hommage à tous les morts pour la France, sonne les 100 ans de cet Armistice. A cette occasion, dans de très nombreuses communes de France, les cloches ont sonné "à la volée" pendant 11 minutes à partir de 11h.
Ce joyeux tintamarre a raisonné à l'initiative des campanistes qui ont demandé que toutes les cloches du pays sonnent de concert comme cela avait été le cas en 1918, quelques heures après la signature de l’Armistice.
Cette fois-ci, Muret n'a pas raté le rendez-vous de cet hommage tonitruant (v. 2014) qui a fait vibrer nos tympans et nos cœurs. Le ravissement sonore s'est prolongé avec l'hymne national fièrement scandé par les chorales Atout Coeur et de l'EMEA, accompagnées de musiciens de l'EMEA.




Cet instant de communion patriotique a rassemblé de nombreux muretains et les jeunes générations étaient particulièrement représentées. Des classes des écoles Mermoz et Vasconia étaient présentes, tout comme des élèves de troisième du collège privé Joseph Niel, qui honorent chaque année ce rendez-vous commémoratif.

Seule mauvaise note : l'absence totale d’événement labellisé Mission Centenaire au programme des festivités muretaines (voir l'appel de 2014). Dommage !


MC


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A chaque commémoration nationale, Cécile-Marie Lenglet, sous-préfet de Muret, lit un message généralement écrit par le membre du gouvernement en charge de la mémoire. En cette année de Centenaire, le message officiel lu par Mme Lenglet, comme par tous ses homologues, émane du Président de la République.

"Un siècle.
Un siècle que l’Armistice du 11 novembre 1918 est venu mettre un terme aux combats fratricides de la Première Guerre mondiale.
A cet affrontement interminable nation contre nation, peuple contre peuple. Avec ses tranchées pleines de boue, de sang et de larmes. Ses orages de feu et d’acier qui grondaient par tous les temps et déchiraient les ciels les plus calmes. Ses champs de bataille éventrés et la mort, omniprésente.
Le 11 novembre 1918, un grand soupir de soulagement traverse la France. Depuis Compiègne où l’Armistice a été signée à l’aube, il se propage jusqu’aux champs de bataille.
Enfin, après quatre interminables années de bruit et de fureur, de nuit et de terreur, les armes se taisent sur le front occidental.
Enfin, le vacarme funeste des canons laisse la place à la clameur allègre qui s’élève de volées de cloches en sonneries de clairons, d’esplanades de grandes villes en place de villages.
Partout, on célèbre alors avec fierté la victoire de la France et des alliés. Nos poilus ne se sont pas battus pour rien ; ils ne sont pas morts en vain : la patrie est sauvée, la paix, enfin, va revenir !
Mais partout, aussi, on constate le gâchis et on éprouve d’autant plus le deuil : là, un fils pleure son père ; ici, un père pleure son fils ; là, comme ailleurs, une veuve pleure son mari. Et partout on voit défiler des cortèges de mutilés et de gueules cassées.
Françaises, Français, dans chacune de nos villes et dans chacun de nos villages, Françaises et Français de toutes générations et de tous horizons, nous voilà rassemblés en ce 11 novembre.
Pour commémorer la Victoire. Mais aussi pour célébrer la Paix.
Nous sommes réunis dans nos communes, devants nos monuments aux morts, pour rendre hommage et dire notre reconnaissance à tous ceux qui nous ont défendu hier mais aussi à ceux qui nous défendent aujourd’hui, jusqu’au sacrifice de de leur vie.
Nous nous souvenons de nos poilus, morts pour la France. De nos civils, dont beaucoup ont aussi perdu la vie. De nos soldats marqués à jamais dans leur chair et dans leur esprit. De nos villages détruits, de nos villes dévastées.
Nous nous souvenons aussi de la souffrance et de l’honneur de tous ceux qui ont quitté leur terre et sont venus d’Afrique, du Pacifique et d’Amérique sur ce sol de France qu’ils n’avaient jamais vu et qu’ils ont pourtant vaillamment défendu.
Nous nous souvenons de la souffrance et de l’honneur des dix millions de combattants de tous les pays qui ont été envoyés dans ces combats terribles.
Françaises, Français, nous sommes aussi unis en ce jour dans la conscience de notre histoire et dans le refus de sa répétition.
Car le siècle qui nous sépare des terribles sacrifices des femmes et des hommes de 14-18 nous a appris la grande précarité de la Paix.
Nous savons avec quelle force, les nationalismes, les totalitarismes, peuvent emporter les démocraties et mettre en péril l’idée même de civilisation.
Nous savons avec quelle célérité l’ordre multilatéral peut soudain s’écrouler.
Nous savons que l’Europe unie, forgée autour de la réconciliation de la France et de l’Allemagne, est un bien plus fragile que jamais.
Vigilance ! Tel est le sentiment que doit nous inspirer le souvenir de l’effroyable hécatombe de la Grande Guerre.
Ainsi serons-nous dignes de la mémoire de celles et ceux qui, il y a un siècle, sont tombés. Ainsi serons-nous dignes du sacrifice de celles et ceux qui, aujourd’hui, font que nous nous tenons là, unis, en peuple libre.

Vive l’Europe en paix !
Vive la République !
Et vive la France !

Emmanuel Macron"

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