Les partis politiques nous coûtent plus de 63 millions d'impôts par an

A la fin des années 80, le monde politique est secoué par l'affaire Urba : en contrepartie d'attribution de marchés publics, des entreprises devaient régler des prestations fictives à des bureaux d'étude qui reversaient plus de la moitié des sommes perçues aux caisses du PS.

C'est dans ces circonstances qu'est née la loi du 11 mars 1988 dite de "transparence financière de la vie politique". Elle a créé le financement des partis politiques par l'État : dès lors, les partis politiques n'ont plus été financés par l'argent public détourné, ... mais par l'argent public légalement versé (sic). Encore un exemple parlant de conflits d'intérêts entre oligarchie et contribuables.

L'accès des partis politiques au précieux financement public passe par les législatives : ceux qui obtiennent des sièges de députés, mais aussi ceux dont les candidats ont obtenu au moins 1% des suffrages exprimés au premier tour dans au moins 50 circonscriptions, accèdent au financement public jusqu'aux prochaines élections législatives.
Vous comprenez donc que les législatives sont des élections hautement stratégiques pour tout parti politique qui entend capter une partie de vos impôts.

En 2016, sur 451 groupements politiques répertoriés, 53 étaient éligibles au financement public et se sont partagé la coquette somme de 63 millions d'euros. [voir décret n°2016-111 du 4 février 2016]
Tout ce petit monde mène grand train aux frais des contribuables : frais de communication gigantesques, sièges sociaux dans les beaux quartiers, frais de représentation démesurés, etc. Et en tête de cortège, parade le trio PS-LR-FN. Ce sont les mêmes qui ripaillent aux frais du contribuable et prétendent être les mieux placés pour gouverner la France.

Vivant en grande partie d'un argent qui tombe des poches du contribuable, les partis politiques ne s'imposent plus de limite à leurs dépenses. Et on constate que ceux qui sont les plus largement "subventionnés" sont aussi les plus endettés, à hauteur de plusieurs dizaines de millions d'euros [voir l'enquête de Contribuables associés - 2014]. 

Ces derniers temps, nous avons vu fleurir des mouvements qui se disent différents des partis politiques traditionnels, comme En Marche, Nous Citoyens ou 577 (autre nom de TEM) pour ne parler que des plus connus. Pourtant, ils ont tous adopté des structures identiques aux plus traditionnels des partis politiques et ne se cachent pas de vouloir rejoindre la cours des dinosaures. 

Comme pour leurs grands frères, le nerf de la guerre de ces "nouveaux"partis reste la captation de l'argent public via les élections législatives. Vous pouvez lire les programmes de chacun des candidats à la présidentielle. Certains évoquent du bout des lèvres le financement public des syndicats ou des journaux, mais aucun ne prône la fin du financement public des partis politiques.

A ceux qui soutiennent que le financement public est garant d'une vraie démocratie, je leur rétorque que les faits montrent indiscutablement qu'il est au contraire source de privilèges et de discrimination : les partis subventionnés communiquent à grands frais sur le dos du contribuable, et les autres restent cachés dans l'ombre médiatique des premiers.
S'ils étaient tous dépourvus d'un financement public, les partis seraient placés sur un pied d'égalité, et ne pourraient devoir leur gloire qu'à la force de leurs idées et de leurs militants. Les seules sources légitimes de financement sont les cotisations et les dons, expressions d'une adhésion et donc d'une véritable représentativité. 

Il est bien évident qu'aucun parti politique ne mettra fin au financement public des partis politiques puisque tous aspirent à en profiter. Seuls les contribuables, victimes de l'oppression fiscale, ont intérêt à exiger la suppression pure et simple du financement public des partis politiques. Nos aïeuls ont commencé une révolution en 1789, à nous de la finir.


MC

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