Les nouvelles technologies au service d’une démocratie exercée en continu

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La fin du 20ème siècle a vu tomber les obstacles géographiques de la communication entre les individus. La naissance puis l’usage grandissant de la téléphonie mobile, des réseaux sociaux, et des e-mails, nous permettent aujourd'hui de communiquer tout aussi facilement et rapidement avec notre plus proche voisin, qu’avec un ami parti à l’autre bout du monde.
Et au-delà de ces échanges numériques plus ou moins privés, Internet est une immense place publique où se partagent/discutent des informations politiques, mercantiles, ou altruistes, sans barrière sociale.

Et si le 21ème siècle faisait du Web une version moderne des Agoras de la Grèce antique ?
Alors que l’abstentionnisme électoral est le premier parti de France, le citoyen n’a jamais été aussi loquace sur la vie publique. Les forums de discussion, les commentaires  laissés à la suite d’un article, les tweets, les posts et autres foisonnent de réflexions citoyennes.
Ce paradoxe nous montre que la démocratie n’est pas en crise, mais en rupture avec un système politique dépassé qui entretient une oligarchie consanguine dont les peuples libres ne veulent plus.
La tendance est à la désacralisation des personnages politiques, à la collaboration transversale entre les individus, à une société inclusive, à une construction interactive de notre avenir commun, à l’exercice continu de la démocratie au-delà des rendez-vous électoraux.
Le but ultime est de mettre fin à la captation du pouvoir par quelques représentants (souvent non-représentatifs) élus par un cinquième seulement de la population, pour restituer ce pouvoir aux citoyens.

Les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) seraient-elles une chance pour la démocratie ?
Bien entendu, en énarchie, le peuple est infantilisé, son expertise de terrain est raillée, et son mécontentement intellectualisé. En outre, nos professionnels de la politique restent majoritairement hostiles à l’idée de permettre aux citoyens d’arbitrer eux-mêmes l’ordre des priorités.
Mais qu’importe. Au terme d’une quarantaine d’année de nursing politique du peuple français, l’heure est peut-être venue d’une émancipation citoyenne.
Le concept d’une démocratie continue apparaît révolutionnaire et réalisable grâce aux nouvelles technologies. A l’heure où la quasi-totalité des foyers dispose d’un accès à Internet, il serait aisé d’imaginer des outils numériques qui canaliserait toutes les contributions citoyennes et favoriseraient l’implication de chaque individu dans les processus décisionnels à l’échelle d’un territoire (commune, intercommunalité, région, pays, etc.).
De nobles chevaliers des temps modernes, fervents défenseurs de la démocratie et aguerris aux nouvelles technologies, ont déjà conçu des applications qui vont dans ce sens.
Les outils sont nombreux, pratiques, et certains parfaitement opérationnels : référendum électronique délocalisé (logiciel de Véronique Cortier), application faisant du citoyen un acteur de la collectivité (www.incityapp.fr), et même processus législatif décentralisé (www.getstig.org).

Leur déploiement n’enthousiasme pas la caste politique, assurément réticente à restituer aux citoyens le pouvoir que nous avons abandonné avec, il faut le dire, une légèreté blâmable.
Mais l’instauration d’une démocratie continue dont l’exercice serait facilité par les nouvelles technologies n’est plus un fantasme.
L’exemple suisse est séduisant et s’avère maintenant transposable sur un territoire aussi grand que la France grâce aux nouvelles technologies.

Il appartient au peuple français de parachever la Révolution débutée en 1789 pour instaurer de nouveaux rapports entre le citoyen et le politique.


MC

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