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6 avril 2017

Les partis politiques nous coûtent 63 millions d'impôts chaque année



D'un financement occulte à un financement public

A la fin des années 80 le monde politique est secoué par l'affaire Urba : en contrepartie d'attribution de marchés publics, des entreprises devaient régler des prestations fictives à des bureaux d'étude qui reversaient plus de la moitié des sommes perçues aux caisses du PS.
C'est dans ces circonstances qu'est née la loi du 11 mars 1988 dite de "transparence financière de la vie politique". Elle a notamment posé le principe d'un financement des partis politiques par l'État. Ainsi, les partis politiques ne devaient plus être financés par l'argent public détourné, ... mais par l'argent public légalement versé. Encore un exemple parlant de conflits d'intérêts entre oligarchie et contribuables.

L'enjeu des législatives

Les conditions d'accès au précieux financement public passe par les législatives : les partis politiques qui obtiennent des sièges de députés, mais aussi ceux dont les candidats ont obtenu au moins 1% des suffrages exprimés au premier tour dans au moins 50 circonscriptions accèdent au financement public jusqu'aux prochaines élections législatives.

Vous comprenez donc que les législatives sont des élections hautement stratégiques, et parfois même vitales pour tous les partis politiques en quête d'argent public. Vous comprenez aussi que les partis en place n'ont pas intérêt à voir émerger des candidatures réellement libres de toute allégeance à un parti politique.

En 2016, sur 451 partis ou groupement politiques répertoriés, 53 étaient éligibles au financement public et se sont  partagé la coquette somme de 63 millions d'euros. [voir décret n°2016-111 du 4 février 2016]

Ripaille aux frais du contribuable

Ainsi, chaque année ce sont des millions d'euros qui tombent dans l'escarcelle des partis politiques, PS, LR et FN en tête. Tout ce petit monde mène grand train aux frais des contribuables : frais de communication gigantesques, sièges sociaux dans les beaux quartiers, frais de représentation démesurés, etc.

Vivant en partie de l'effort fiscal des citoyens lambda, les partis politiques ne s'imposent plus de limite à leurs dépenses. Et on constate que ceux qui sont les plus largement "subventionnés" sont aussi les plus endettés, à hauteur de plusieurs dizaines de millions d'euros [voir l'enquête de Contribuables associés - 2014]. J'ai toujours trouvé cette situation effarante de la part de personnes qui prétendent pouvoir gouverner la France.

Apparences & réalités

Ces derniers temps, nous avons vu fleurir des mouvements qui se disent différents des partis politiques traditionnels, comme En Marche, Nous Citoyens ou 577 (autre nom de TEM) pour ne parler que des plus connus. Pourtant, ils ont tous adopté des structures identiques aux plus traditionnels des partis politiques et ne se cachent pas de vouloir rejoindre la cours des dinosaures. 

Comme pour leurs grands frères, le nerf de la guerre de ces "nouveaux"partis reste la captation de l'argent public via les élections législatives. Vous pouvez lire les programmes de chacun des candidats à la présidentielle. Certains évoquent du bout des lèvres le financement public des syndicats ou des journaux, mais aucun ne prône la fin du financement public des partis politiques.

L'intérêt des citoyens avant celui des partis
   
A ceux qui soutiennent que le financement public est garant d'une vraie démocratie, je leur rétorque que les faits montrent indiscutablement qu'il est au contraire source de privilèges et de discrimination entre les partis qui communiquent à grands frais sur le dos du contribuable, et ceux qui sont cachés par l'ombre médiatique des premiers.

Les seules sources légitimes de financement sont les cotisations et les dons, expression d'une adhésion et donc d'une véritable représentativité. S'ils étaient tous dépourvus d'un financement public, les partis seraient placés sur un pied d'égalité, et ne pourraient devoir leur gloire qu'à la force de leurs idées et de leurs militants.


Mais il est bien évident qu'aucun parti politique ne mettra fin au financement public des partis politiques puisque tous aspirent à en profiter. Seul un candidat indépendant peut proposer et défendre la suppression pure et simple du financement public des partis politiques.



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